La commission des Affaires Sociale du Sénat veut-elle tuer la démocratie sanitaire ?

Alors que le Ministre de la Santé a déclaré vouloir, dans ses chantiers prioritaires, travailler sur la démocratie sanitaire, la commission des affaires sociales du sénat (surement pour se distancier du projet législatif dit « Loi du médicament ») vient de faire passer l’un des amendements les plus abortifs en ce qui concerne cet axe essentiel de la pensée sanitaire de notre pays. En voulant laver plus blanc que blanc, les sénateurs n’ont rien trouvé de mieux que de vouloir interdire à toute association de patients ayant un lien d’intérêt avec une entreprise de pouvoir siéger au sein des commissions des différentes tutelles. C’est ainsi interdire de fait à TOUTES les associations représentatives, reconnues d’utilité publique ou agréées, de pouvoir poursuivre leurs actions d’acteurs de santé, de lanceurs d’alertes et de contre-pouvoirs.

Gérard Raymond, Président de l’Association Française des Diabétiques (gerard.raymond9@wanadoo.fr) ne décolère pas : « C’est vouloir tuer la démocratie sanitaire dans l’œuf », dit-il «  alors que l’on sent poindre dans les instances et chez les politiques une volonté sincère de nous associer aux décisions qui doivent être prises pour réformer et amender encore notre système de santé, selon des principes de transparence et d’indépendance ». Il appelle l’ensemble des parlementaires à s’opposer vivement à cette mesure liberticide et discriminatoire, qui, aux côtés des amendements dangereux frappant l’accès aux médicaments par le biais des ATU, vient donner un vernis d’éthique superflu. Gérard Raymond souhaite engager le dialogue avec la représentation nationale pour dégager les lignes de force qui permettront réellement de mettre en place la démocratie sanitaire, au même titre que la démocratie sociale ou politique.

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