Après avoir enterré la démocratie sanitaire, le Sénat réinvente le jacobinisme « vintage »

Les querelles stériles qui agitent le monde politique ont des conséquences désastreuses pour les acteurs du monde de la santé. Après avoir, dans le vote de la loi dite « médicament » mis en œuvre une mesure liberticide pour la jeune démocratie sanitaire (interdiction aux associations de siéger dans les instances si elles acceptent les subsides de fonds privés), le sénat vient de reporter la création du FIR à 2013 lors de l’examen du PLFSS 2012, pour des motifs que l’hypocrisie elle-même, si elle était une personne physique, ne daignerait pas revendiquer.

La régionalisation, en marche depuis la loi HPST, avait trouvé, dans la création de ce fond, une bouffée d’oxygène. Tous les décideurs de bonne volonté considéraient en effet que le carcan financier laissé autour des régions par la non-fongibilité des enveloppes issues de l’Etat et de la CNAM était une aberration obsolète qui ne profitait qu’aux structures de décisions nationales. Avec le Fond d’Intervention Régional, il était permis aux directeurs d’ARS d’investir sur des projets locaux et de jouer ainsi un rôle d’animateur et de créateur de valeur dans les régions.

Las… Au motif certainement de vouloir bloquer le gouvernement, cette action intelligente se voit aujourd’hui brisée dans l’œuf. La Haute Chambre n’en sort pas grandie. Espérons que ceux qui voudront créer des maisons de santé, faire de l’éducation thérapeutique, investir dans les Groupements de Coopération Sanitaire ou lancer, sur des critères d’évaluation et de contrats, des partenariats de qualité entre acteurs de santé pour le bien de leurs patients trouveront la force de dépasser leurs clivages associatifs ou syndicaux pour porter haut et fort un message d’indignation : la santé ne peut être ainsi traitée avec autant de conservatisme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *