« Convention pharmaceutique : les officinaux assurent ne pas vouloir empiéter sur le travail des médecins » par l’APM

PARIS, 7 mars 2012 (APM) – Les représentants des trois syndicats de pharmaciens d’officine, commentant la mise en place envisagée de nouvelles missions rémunérées à l’acte, ont souligné mercredi leur souhait de ne pas empiéter sur le travail des médecins.

A mi-parcours dans la renégociation avec l’assurance maladie de la convention pharmaceutique, qui doit s’achever fin mars, ils ont affiché mercredi leur unité sur l’impulsion à donner au métier de pharmacien, a constaté l’APM lors d’une rencontre organisée par nile.

Etaient présents le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Gaertner, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), Gilles Bonnefond, et le trésorier de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF), Jean Biwer.

Sur la question du paiement à la performance, les trois syndicats se sont montrés ouverts à sa mise en oeuvre et donné des pistes sur la manière dont elle pourrait se faire. La question des génériques et des indicateurs de qualité dans le cadre de la rémunération à la performance devait être discutée mercredi après-midi par les partenaires conventionnels.

Gilles Bonnefond a expliqué que les missions pouvant être confiées aux pharmaciens concernaient notamment l’accompagnement des patients, avec par exemple un suivi de l’observance pour les patients ayant un traitement compliqué comme des anticoagulants, ou encore la prévention comme le respect du calendrier vaccinal.

Philippe Gaertner a cité l’exemple du suivi des patients asthmatiques, en notant toutefois que les dispositifs devront nécessairement être ciblés sur des sous-groupes de patients pour permettre aux pharmaciens d’avoir le temps d’effectuer ce suivi.

Il s’agirait de conduire un « entretien pharmaceutique » pour avoir « un bilan de médication » permettant « d’accompagner mieux la prescription du médecin », et « non contrôler la prescription du médecin » comme cela a été « parfois mal compris », a-t-il expliqué.

Alors qu’un membre de l’assistance évoquait la possibilité pour les officinaux de faire des « consultations », tous les représentants syndicaux ont récusé ce terme. Avec les nouvelles missions, « il ne s’agit en aucune manière d’empiéter sur le domaine des médecins », a déclaré Jean Biwer.

« Les pharmaciens ne revendiquent pas de faire du diagnostic », a renchéri Gilles Bonnefond. Ce que font les pharmaciens, c’est du « conseil pharmaceutique », ce qui passe soit par l’accompagnement de la dispensation d’une ordonnance, soit la réponse à un problème pour lequel le patient a estimé que ce n’était pas nécessaire de consulter son médecin, a expliqué Philippe Gaertner, soulignant également que les officinaux n’avaient « jamais eu de volonté d’aller sur le diagnostic ».

Lors de la conférence, Martial Olivier-Koehret, ancien président de MG-France, a demandé s’il y aurait bien un retour d’information vers le médecin traitant.

Dans le cadre des « entretiens pharmaceutiques » qui pourront être réalisés, « chaque fois que l’autorisation nous sera donnée par le patient de transférer l’information, notre objectif est bien d’informer le médecin (…) de ce qui aura été dit », a déclaré Philippe Gaertner.

Quant à la nomenclature des actes, il a estimé que la convention devrait fixer le cadre général des nouvelles missions et noté que trois missions devraient être définies d’emblée. Ensuite, les nouveaux axes de travail évolueraient en fonction des plans de santé publique.

Gilles Bonnefond a souhaité que la nomenclature reste « souple ». « Attention de ne pas nous enfermer dans une nomenclature trop stricte », a-t-il déclaré.

Les officinaux ont assuré que les officines disposeraient bien d’espaces de confidentialité pour conduire des suivis personnalisés. « Toutes les officines ont déjà un bureau, qui peut être le lieu de ces échanges », a relevé Philippe Gaertner. « Les choses se mettent en place » en termes de lieux de confidentialité, a indiqué Jean Biwer.

 

L’UNPF TOUJOURS PRUDENTE SUR LA PROPORTION D’HONORAIRES
Par ailleurs, l’UNPF est apparue de nouveau quelque peu en décalage avec les deux autres syndicats concernant la part de la rémunération des officines qui pourrait passer sous honoraires.

L’Uspo estime que d’ici cinq ans, 25% de la rémunération pourrait être liée à des actes (honoraires sur la dispensation et nouvelles missions), ce qui, ajouté aux 25% existants de rémunération fixe liée au forfait à la boîte, laisserait 50% de marge commerciale, a rappelé Gilles Bonnefond (cf APM SOPBL004).

La FSPF estime qu’en cinq ans, un quart de la rémunération des officines pourrait passer en honoraires, a également rappelé Philippe Gaertner.

Jean Biwer a en revanche évoqué pour l’UNPF une part de 10% d’honoraires.

« Je pense que [le taux de] 10% ne serait pas ambitieux pour notre profession et nous emmènerait droit dans le mur par rapport aux évolutions prévisionnelles du marché du médicament », a répondu Philippe Gaertner.
Il s’est dit sur la même ligne que Gilles Bonnefond sur un passage à l’acte de 25% de la rémunération. L’idée serait au démarrage de faire passer en honoraires la moitié de cette part puis de passer progressivement à 25% sur les quatre années suivantes. « Si on est en-dessous de cela, il n’y aura pas de réelle significativité », a-t-il estimé.

 

so/ab/APM polsan

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SOPC7001 07/03/2012 16:22 PHARMA ACTU

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