Le CNPS déçu par la campagne présidentielle : Un débat creux pour des enjeux cruciaux

Jeudi dernier, le 15 mars, s’est tenue la Convention Nationale du Centre National des Professionnels Libéraux de Santé (CNPS), relative au programme santé des candidats à l’élection présidentielle à laquelle nile a assisté.

Après une présentation des propositions du CNPS pour le prochain quinquennat, par son président Michel Chassang, se sont succédés à la tribune Jean-Luc Véret pour EELV, Xavier Bertrand pour l’UMP, Geneviève Darrieussecq pour le MODEM, et Marisol Touraine pour le PS. Chacun a exposé le programme de son candidat en ce qui concerne principalement les professionnels libéraux et a répondu aux questions de la salle.

Cette journée qui aurait pu/dû être un foisonnement de propositions s’est d’avantage révélée être une opération de séduction de la part des quatre intervenants. L’assemblée s’est ainsi étonnée du peu de précision des porte-paroles et de leur propension à répondre à côté de la question. Beaucoup de constats ont été posés, mais peu de réponses ont été apportées.

De fait, c’est le mot « déception » qui est lâché par Philippe Tisserand, président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), qui se dit « en colère ». « Ils ne savent pas de quoi ils parlent » précise-t-il. « Et encore, insiste Christian Jeambrun, président du Syndicat des Médecins Libéraux (SML), nous avions les conseillers santé, nous aurions eu droit à la même soupe si ça avait été les candidats eux même ». Pour Alain Bergeau, président de la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMR), « le mot coopération est le mot de secours, mais nous n’avons vu aucune proposition concrète ».

« Par ailleurs, ajoute Patrick Pérignon, vice-président de la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO), le positionnement de Xavier Bertrand était assez flou, il était parfois difficile de savoir s’il parlait en tant que Ministre de la Santé ou en tant que porte-parole de Nicolas Sarkozy ». Il est vrai qu’à la question « introduirez-vous les ORDAM ? », Xavier Bertrand s’est prononcé à titre personnel, sans que l’on puisse en déduire la position de Nicolas Sarkozy.

Michel Chassang conclut cette journée par un constat ; « il n’y a pas de grande révolution. Si tous reconnaissent l’importance des soins de ville, nous restons sur notre faim quant aux moyens. C’est le flou artistique quant à la répartition ville/hôpital, et nous avons peu de réponse quant à la gouvernance du système. »

Depuis le début de cette campagne, le constat est donc le même, la santé n’est pas une priorité des candidats. Un mois avant le premier tour, il serait temps de changer de paradigme.

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