UFC-Que choisir se mord la queue

On sait la longue marche de l’UFC pour lutter contre le monopole des pharmacies d’officine dans la distribution des médicaments. Cette entreprise pourrait être louable si elle se révélait porteuse d’une amélioration potentielle de la santé publique et d’un bienfait supérieur pour les malades. Mais on cherche les raisons de cet acharnement et la conclusion de l’enquête menée dernièrement auprès de plus de 600 officines laisse pantois.

Le propos ici n’est pas de discuter de la méthodologie employée ni même des résultats. On laissera les professionnels eux-mêmes se défendre sur ce sujet et apporter les éléments de contradiction qu’ils voudront. On restera quand même un peu étonné par la convergence temporelle entre la sortie de cette enquête et la signature annoncée de la nouvelle convention pharmaceutique. On peut se demander avec une pointe d’ironie à qui profite cette astrologie politico-médiatique.

On n’empêchera pas de se gausser quant à la préconisation de l’enquête : ni plus ni moins que de « permettre la distribution de médicaments dans les structures de parapharmacies et dans les grandes surfaces ». On sait ces lieux propices à l’information des consommateurs, temples incarnés de la protection du pouvoir d’achat et soutiens inconditionnels et actifs à l’émergence d’un client responsable et parfaitement informé…

Mais là où l’on se retient à peine d’une crise d’énurésie déclenchée par une crispation spasmodique des zygomatiques, c’est quand on lit que tout ceci devrait se faire « sous le contrôle d’un pharmacien diplômé »… Comme dirait le Canard, certains n’ont pas peur du ridicule… En gros, sortez ces pharmaciens de leurs officines et mettez-les dans la grandes distrib’ : ils deviendront vertueux !

On rappellera quand même ici que si tout monopole est intrinsèquement discutable dans son principe, celui des officines met la population française à l’abri de la présence de médicaments falsifiés dans le circuit de distribution des produits de santé… à l’inverse de ce qui cela se passe dans les édicules de parapharmacie et les grandes surfaces de nos amis d’Outre-Manche où l’on constate près de 5% de médicaments contrefaits.

Un commentaire

  • pharma.
    1 avril 2012 - 11 h 38 min | Permalien

    tout cela commander par la grande distribution pendant la campagne présidentielle..
    on voit où les grandes idées de libéralisation à tout vent peuvent nous amener.

    merci d’avoir rétabli la justesse des choses.

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