« La pharmacie à l’acte en complément de la médecine à l’acte » par Impact-Santé

Ecrit par Serge Benaderette, et publié sur le site d’Impact-Santé.fr le 12 mars 2012, à la suite du café nile réunissant Jean Biwer (UNPF), Gilles Bonnefond (USPO) et Philippe Gaertner (FSPF), sur le thème des nouveaux métiers pour les acteurs de santé de demain. A l’occasion de la diffusion du compte-rendu de ce café nile, que vous retrouverez ici libre de droits sur le site de nile, nous avons souhaité mettre à votre disposition cet article :

À mi-chemin des négociations de la future convention pharmaceutique pour 5 ans avec l’assurance maladie (UNCAM), les trois présidents de syndicats de pharmaciens d’officines viennent d’être mis sur le gril des rencontres de nile qu’anime Olivier Mariotte.

Comment 23 000 officines, appelées par la loi (HPST, LFSS) à passer du stade de la seule dispensation – vente en perte de marge – à un rôle élargi à de nouvelles missions (dépistage, prévention, suivi thérapeutique des patients chroniques) rémunérées à l’acte, peuvent-elles réussir le passage sans casse dans le champ conventionnel pour 60 millions de FGrançais ? Quel serait l’équilibre le plus optimal pour que l’économie de l’officine repose sur cette rémunération mixte et à quel rythme l’atteindre ?
Tous affichent la volonté d’intégrer une part d’acte dans la rémunération du pharmacien dont un volet individualisé rémunéré au vu de résultats en matière de prévention, dépistage, suivi des patients chroniques, etc., et, un autre volet lié à la dispensation des médicaments.

Pour Jean Biwer (trésorier de l’UNPF), le tout ne saurait excéder 10 %. « Ne basculer au bout de 5 ans que 100 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros n’a aucun sens, cela ne vaut même pas la peine de commencer à prendre quelque risque que ce soit », rétorque Philippe Gaertner (FSPF). De surcroît, dit-il, cela « nous emmènerait dans le mur par rapport aux évolutions prévisionnelles (à la baisse, NDLR) du marché du médicament ». À ses yeux, réussir une évolution significative implique que, dans 5 ans, la rémunération globale de l’officine se décompose entre 25 % d’actes issus des nouvelles missions (rémunération à la performance et honoraire lié à la dispensation) , 25% venant du forfait en vigueur de 53 centimes par boîte vendu et 50% liés à la marge commerciale.

Défendant aussi de telles proportions, Gilles Bonnefond (USPO) assure faire preuve de prudence dans un contexte économique difficile. Faisant observer que compte tenu du coup de rabot de 300 millions sur la marge imposé en 2012 par la LFSS, une telle pénalité contraint à aller moins vite que prévu. Reste que ce nouveau métier rend indispensable de créer des espaces conseils dits de confidentialités dans chaque officine pour accompagner les patients. Tant pour Gilles Bonnefond que pour Philippe Gaertner et Jean Biwer, ces entretiens auxquels ces lieux sont destinés ne se conçoivent que « pour mieux accompagner la prescription du médecin, la rendre plus performante », souligne Philippe Gaertner. « En aucune manière, il s’agit d’empiéter sur le domaine du médecin », précise Jean Biwer. « Le pharmacien ne fait pas de diagnostic », abonde Gilles Bonnefond, pour qui le « job est de convaincre le patient de rentrer dans un parcours de soins cohérent ». Médecins – pharmaciens ? Un couple appelé à faire fonctionner la médecine de proximité.

 

Serge BENADERETTE
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