Les professionnels de santé avancent ensemble … du moins, ils essaient !

Alors que les grandes manœuvres politiques des professionnels de santé battent leur plein, une initiative originale vient donner du sens à la coopération interprofessionnelle. Pionniers dans la mise en place de modalités originales de partenariat médecin-pharmacien, MG France et l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO) sont en cours de négociations avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS). Cet accord, qui sera opérationnel avant l’été, vise à relancer la pénétration du générique. Le suivi des patients sous anticoagulants oraux semble également s’inscrire dans ce paradigme.

On se souvient de la levée de boucliers qui a accompagné l’annonce de la signature de la nouvelle convention pharmaceutique le 6 mai dernier. Les tirs de barrages avaient été nombreux et faisaient craindre justement un repli stratégique des acteurs derrières des lignes Maginot que la société civile aurait bientôt fait de contourner. Dépassant cette guerre d’escarmouches, des groupes de travail intersyndicaux s’attèlent donc à la rédaction d’un protocole de coopération interprofessionnelle qui sera opérationnel dès 2013.

 
Moins de « pastis » entre les acteurs ?
Ce signal positif pour la coopération sanitaire vient concrètement apporter de l’eau aux « protocoles 51 ». On se souviendra de la remarque de Jean-François Thébaut (Haute Autorité de Santé) lors du café nile du 9 mai (« Quelles frontières aux nouveaux métiers » www.nile-consulting.eu) : « Dans la quarantaine de protocoles analysés à la HAS aujourd’hui, une dizaine seulement a été validée et sept sur dix sont très techniques et d’origine hospitalière ». Ces propos sont corroborés par les syndicats : parmi le peu de protocoles de coopération interprofessionnelle validés par la HAS, un seul (ASALEE) concerne les professionnels de santé libéraux (médecins généralistes et infirmières déléguées à la santé publique)…

 
Une boite à outils à concevoir
Les groupes de travail mis en place vont devoir dégager les outils nécessaires à cette coordination. Le Dossier Médical Personnel (DMP), inadapté à ce jour, risque de devoir laisser place à des outils plus minimalistes, au cœur des préoccupations du terrain, et avant tout dans un objectif de communication/coordination plus rapide et plus efficiente entre professionnels de santé.

Si une volonté certaine de coopération émerge donc, force est de constater qu’elle reste bien souvent isolée. Le projet ASALEE, mis en place dès 2003, permet en effet d’améliorer la qualité des soins, en déléguant aux infirmières des consultations d’éducation à la santé concernant le diabète, l’hypertension artérielle, les facteurs de risques cardio-vasculaires… Les chiffres sont éloquents : tout reste à construire.

 
Quid de l’efficience en région ?
Les coopérations interprofessionnelles seront efficientes et performantes si et seulement si une cohérence émerge entre acteurs de santé. C’est sur le terrain et dans les territoires que celles-ci prendront sens. Mais, entre la HAS (qui détient un pouvoir décisif sur le contenu des coopérations interprofessionnelles) et la CNAMTS (qui préserve jalousement ses prérogatives en terme de négociation tarifaire), quelle sera la marge de manœuvre des Agences Régionales de Santé et des URPS ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *