« N’ayez pas peur » (Mathieu, 17, 7)

Mercredi 13 juin ont eu lieu les rencontres Soins Coordonnés, dans le cadre propice à la réflexion du Collège des Bernardins, autour du thème « Construisons aujourd’hui la santé de demain ».

Les réflexions étaient orientées selon 4 axes :

  • l’accès aux soins
  • la qualité des soins
  • le juste soin (ni plus, ni moins que ce qui est nécessaire au patient)
  • l’indépendance professionnelle

Les débats ont pris, comme souvent, la tournure d’une symphonie pathétique en deux mouvements.

Dans le premier, classique, l’ensemble des acteurs s’exprime de concert, chantant les louanges d’une politique de soins coordonnée, impliquant chacun pour le bénéfice de tous. Puis vient le second mouvement, celui des propositions : dodécaphonique, il devient alors difficile de discerner une voix fédératrice. Chacun semble défendre son instrument – pardon sa partition – pardon, sa profession – par crainte et par méconnaissance des besoins de patients et des compétences de chacun.
En somme, tous les éléments sont réunis pour construire l’avenir. Mais le bât blesse et le tort tue le changement dans l’œuf lorsqu’il s’agit de déterminer des propositions concrètes. Chacun craint la fin certaine de sa profession, étouffée qu’elle sera par la surcharge de travail ou par le rapt organisé de ses compétences et de sa patientèle par les autres professions soignantes.
Pour avancer, pourtant, les solutions existent. Chacun les connaît et personne n’a manqué de les rappeler lors de ce débat : organiser la coopération et la juste répartition des compétences (article 51 quand tu nous tiens !), apprendre à se « connaître et se reconnaître » dans la grande fraternité du soin, intégrer la philosophie de la coordination dès la maternelle, soutenir les jeunes et écouter leur attentes et, last but not least, trouver un modèle économique pérenne pour toutes ces tâches (« y’a qu’a, faut qu’on »).

Fin du concert par une antienne :

  • pour réussir, il faut donner au patient le juste soin, ni plus, ni moins
  • pour réussir, il faut donner à chaque équipe les moyens de travailler ensemble
  • pour réussir, il faut que l’indépendance des professionnels de santé s’accompagne de la transparence
  • pour réussir, il faut insuffler la pédagogie du changement auprès des professionnels, des élus, des patients
  • pour réussir, il faut discuter avec les jeunes et construire avec eux, LEUR système de santé
  • pour réussir, il faut commencer par montrer l’exemple
  • pour réussir, il faut convaincre tout le monde

Pour réussir, il faut surtout ne pas avoir peur du changement…

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