« Le Csis « va continuer », assure Thierry Tuot  » par l’APM

PARIS, 26 septembre 2012 (APM) – Le Conseil stratégique des industries de santé (Csis) « va continuer » malgré le changement de gouvernement, a annoncé mercredi Thierry Tuot, son coordinateur, tout en soulignant que ses modalités restaient encore à définir par l’Elysée et Matignon.

S’exprimant à l’occasion d’une réunion organisée par nile, le conseiller d’Etat, interrogé par l’APM sur la poursuite de ce dispositif créé en 2004 par Jean-Pierre Raffarin lorsqu’il était Premier ministre, a ajouté qu’il ne savait pas sous quelle forme il serait repris par l’actuel pouvoir exécutif.

« Je ne sais pas si le sigle ou le format seront les mêmes, mais l’idée qu’il existe un lieu de dialogue entre industriels et pouvoirs publics a fait suffisamment d’émules en Europe pour que [ces derniers] n’entendent pas y renoncer », a-t-il commenté.

Il a souligné que les équipes des administrations dépendant des ministères concernés avaient soumis à l’Elysée et à Matignon des propositions qui prévoient notamment le maintien d’une conférence annuelle de suivi dont la prochaine devrait se tenir en février 2013.

Sans vouloir détailler le contenu des autres propositions, il s’est contenté d’indiquer que ses orientations devraient tourner autour de l’emploi, de la contrefaçon, de l’innovation, du dispositif médical et du tissu industriel « dans une très grande continuité » par rapport au gouvernement précédent.

« La décision sera celle du gouvernement », a-t-il insisté, assurant que l’intérêt des ministères pour le Csis [n’était] « pas inférieur » à celui des précédents.

Le président du Leem (Les entreprises du médicament), Christian Lajoux, a déclaré la semaine dernière lors du congrès Polepharma qu’il avait « sensibilisé » la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, sur la nécessité de maintenir le Csis, note-t-on (cf APM SOPIK002).

Daniel Vasmant, de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS), avait alors noté que « le gouvernement ne s’ét[ait] pas encore positionné sur la poursuite d’une structure de type Csis ».

UNE STRATEGIE INDUSTRIELLE AU-DELA DE LA PHARMA

Lors de la réunion de mercredi, Thierry Tuot a insisté sur le fait que la stratégie industrielle de la France dans le domaine de la santé ne reposerait plus uniquement sur le médicament, évoquant l’essor des dispositifs médicaux et des technologies de l’information.

« Nous ne pouvons plus penser les politiques publiques ou même industrielles autour de la [seule] molécule », a-t-il assené.

« Nous devons penser [en fonction de] la capacité de production de soins comme impliquant toute une série de secteurs industriels. Voyez la place que les NTIC commencent à prendre. Voyez autour d’un patient combien de personnels non soignants qui peuvent se pencher sur son sort », a poursuivi Thierry Tuot.

« Nous devons avoir une réflexion autour de la notion de parcours de soins, aussi bien du côté des politiques de santé et de financement de la santé que du côté industriel », a-t-il fait valoir.

« Il ne va plus s’agir de savoir si nous arriverons à trouver en France -qui de toute façon ne sera pas un marché suffisamment rentable- la molécule [adéquate], mais de savoir si nous pouvons produire en France l’ensemble des sous-ensembles de ce qui va être l’infrastructure industrielle d’un parcours de soins pour l’ensemble des patients », a-t-il également expliqué.

« Nous changeons de modèle de soins et de modèle industriel et nous devons commencer à préparer non pas la préservation des industries d’hier -ne refaisons pas l’erreur de la sidérurgie et de l’automobile- mais les bases industrielles de demain. C’est autour de cela que doit s’orienter une politique industrielle », a-t-il conclu.

Pour autant, « la base industrielle reste la production des molécules », a pointé Thierry Tuot.

« C’est une base qu’il faut que nous préservions, mais les entreprises du médicament sont en train d’élargir leur portefeuille, leur façon de voir les choses. Et c’est ce virage industriel que nous devons prendre avec elles », selon le conseiller d’Etat.

LA COMMANDE PUBLIQUE, LEVIER DE L’INNOVATION

Il a par ailleurs mis en avant que la « commande publique » pouvait devenir un levier de développement de l’innovation médicale.

Thierry Tuot a reconnu que les jeunes entreprises avaient des difficultés pour se développer et qu’au delà des problèmes de financement, elles avaient des difficultés à faire leurs preuves commercialement sur le marché français pour ensuite se développer à l’export.

« Ce à quoi nous réfléchissons, c’est à mobiliser la commande publique, non pas comme on le faisait autrefois avec le ‘acheter français’ (…), mais d’en faire une sorte ‘d’investissement commercial partagé' », a-t-il annoncé.

« C’est-à-dire acheter, et notamment dans le domaine des dispositifs médicaux, les moyens d’investigation, de diagnostic, les séries de produits innovants qui font faire des économies pour l’hôpital », a-t-il expliqué.

Il a constaté que les hôpitaux étaient souvent réticents à l’idée d’acheter un produit innovant, en raison de l’incertitude sur son efficacité.

« On pourrait peut-être l’expertiser à plusieurs [hôpitaux, ndlr] et se décider de se risquer à l’acheter, y compris à des prix assez élevés de soutien industriel, à condition -parce que cela serait un co-investissement- que si cela fonctionne [commercialement] à l’export, il y ait un retour sur investissement », a suggéré Thierry Tuot.

Ce retour sur investissement pourrait prendre la forme de droits d’achat à des prix préférentiels, « pour rembourser l’effort fait initialement », a-t-il précisé.

cm/ab/APM polsan
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CMPIQ002 26/09/2012 18:42 ACTU PHARMA

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