« Annie Podeur prône une représentation plus importante de la santé au sein du CESE » par l’APM

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PARIS, 15 mai 2013 (APM) – La secrétaire générale du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Annie Podeur, a prôné une représentation plus importante, en nombre de conseillers, du secteur de la santé au sein de cette instance, mercredi lors d’une rencontre organisée par la société de conseil Nile.

L’ancienne directrice générale de l’offre de soins (DGOS) a rejoint le Cese le 1er mai 2012, rappelle-t-on (cf APM SNPD6001).

« Le champ de la santé n’est pas particulièrement bien représenté en nombre au Cese », comparé à son poids économique et social en France, a-t-elle estimé.

Toutes les organisations syndicales représentatives ont un conseiller issu de la santé, mais ce n’est le cas d’aucun des membres du groupe des entreprises, et d’un seul membre de celui des professions libérales, a-t-elle regretté, ajoutant qu’il n’y en a « pas non plus énormément » parmi les personnalités associées.

Le représentant des libéraux de santé est Bernard Capdeville, pharmacien d’officine désigné par l’Union nationale des associations de professions libérales (UNAPL), note-t-on. Les groupes de la mutualité et des associations comprennent eux aussi des acteurs de la santé.

Annie Podeur s’est réjouie du fait que la section des affaires sociales et de la santé du Cese compte « une vraie diversité » parmi ses membres. Elle couvre cependant un champ « énorme », ce qui conduit à « une sélection des sujets », a-t-elle observé.

La secrétaire générale a évoqué d’autres pistes pour que le Cese aille « plus loin » dans le domaine de la santé. L’une serait de développer les relations et les complémentarités avec d’autres instances, comme le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, ou encore l’ensemble des ministères.

Elle a plaidé pour « valoriser la spécificité du Cese » qui repose, selon elle, sur une « dimension de dialogue de construction partagée » des constats et des propositions entre les différentes composantes de l’assemblée. Une valeur ajoutée de l’instance est, pour elle, d’aller « jusqu’au bout du consensus » et de « savoir dégager sur les avis les points durs » sur lesquels les pouvoirs publics risquent de faire face à une forte opposition au sein de la société civile.

La responsable a également insisté sur l’importance pour le Cese de faire connaître ses travaux, notamment en faisant en sorte que les rapporteurs des avis soient reçus et entendus par le plus d’instances possibles.

AUTOSAISINE SUR LA PMI

Parmi les travaux du Cese en cours, Annie Podeur a cité trois thèmes sur lesquels l’assemblée s’est autosaisie: les évolutions contemporaines de la famille (saisine du 12 mars), la protection maternelle et infantile (PMI, 26 février) et la stratégie d’investissement social (26 mars).

Interrogée par l’APM sur le rôle que pourrait jouer le Cese dans de futures réformes de l’hôpital, elle a répondu que l’instance n’avait jamais été saisie, à sa connaissance, sur ce point précis. Tout en estimant qu’elle n’avait pas elle-même à donner son avis sur ce point, elle a noté que le Cese se positionne, en général, plutôt sur les champs de la protection sociale (quels risques financer, et comment) et de la prévention (plus que les soins curatifs).

Prenant l’exemple de la tarification à l’activité (T2A), elle a déclaré qu’il n’était « pas sûr » qu’un avis du Cese représente un réel apport, dans la mesure où ce sujet demande un très haut niveau d’expertise. « Il ne faut pas que le Cese tombe dans des approches technocratiques », a-t-elle ajouté, affirmant que les citoyens veulent plutôt savoir si le système de santé assure une bonne couverture des risques, avec des moyens bien alloués.

Un participant a demandé si le Cese pourrait travailler sur le partage des données de santé. Annie Podeur a indiqué que la question n’avait jamais été posée à l’assemblée, et affirmé que ce type de sujet se trouve à la limite de sa compétence. Elle a déclaré n’être « pas sûre que le gouvernement voudrait » saisir le Cese plutôt qu’une autre instance sur ce point, et a jugé une autosaisine « difficilement envisageable ».

RISQUES PSYCHOSOCIAUX: AVIS ADOPTE

Par ailleurs, l’avis du Cese sur la prévention des risques psychosociaux (cf APM NCQEA003) a été adopté mardi en séance plénière, par 98 voix pour, zéro contre et 67 abstentions, selon le site internet de l’instance.

L’union syndicale Solidaires, qui dispose d’un représentant au Cese, a critiqué cet avis mardi dans un communiqué, regrettant qu’il « cherche à confiner l’identification des risques psychosociaux […] dans des visées essentiellement statistiques, épidémiologiques ou évaluatives, qui ne peuvent aboutir à aucune action concrète à même [de] préserver la santé des salariés ».

Selon Solidaires, l’avis aurait dû prôner « l’arrêt de la déstabilisation et de la dévalorisation comme mode de relation hiérarchique », « l’abandon des objectifs chiffrés », des « sanctions renforcées (ou parfois à créer) pour non-respect des obligations des employeurs », ou encore « un droit de veto » des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sur les « restructurations nocives ».

nc/ab/APM polsan
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NCQEE005 15/05/2013 13:58 ACTU
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