« PLFSS : les héros sont fatigués » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social ce mois-ci

A Consulter dans le numéro de ce mois-ci, dans la Gazette Santé Social

« Monotone exercice auquel les représentants de la Nation se livrent, ressassant à l’infini les mêmes peines et les mêmes tribulations, octobre est le mois du PLFSS et l’on n’y vient jamais pour gagner. …

Au mieux, c’est une bonne purge, au pire un concentré de ricin économique qu’il faut avaler en faisant la grimace. Les jeux sont faits depuis avril et la Cour des comptes en remet une couche. Comment faire du neuf avec du rapiéçage, expliquer encore une fois que la sous-réalisation d’un Ondam voté sur un rebasage perpétuel a encore un sens ? Tout cela pour plonger dans les obscurs abysses de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) des déficits que la Fosse des Mariannes considère avec respect.

On pourrait s’attendre à de grandes empoignades, des déclarations de tribuns… attendre Grouchy, et espérer Blücher… mais en vain… les héros sont fatigués, les débats lassent et le consensus est mou autour d’un diagnostic partagé. Car enfin, depuis des lustres, on n’a rien à raconter. Toute coloration politicienne confondue, et toute honte bue, les bataillons politiques échouent à ne pouvoir réduire ce poids écrasant qui pèse plus encore sur les jeunes générations. Comment intéresser alors le citoyen à la grande cause de la sécurité sociale. Ceux-ci, 70 ans après sa création, n’en perçoivent plus ni la mission ni les contours. Car le côté pervers de cet exercice de style est d’attirer constamment l’attention sur l’impossible gestion d’un système dont on voudrait qu’il soit à l’équilibre. Le fameux « trou de la sécu ».

Cette année encore, rien de nouveau sous le soleil : même pas une mesure phare, même pas un marqueur politique. Rien, « nada », on expédie les affaires courantes. Les réformes attendront car même les plus hauts responsables de l’État considèrent que « réformer la santé dans un contexte social dégradé est impossible ». Alors expliquer aux jeunes générations ce qu’est la solidarité… »

 

Par Olivier Mariotte, président de nile

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *