« Pour éduquer à la santé, l’Éducation nationale préfère se passer des médecins » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social – mars 2016

A consulter dans le numéro de mars 2016, dans la Gazette Santé Social.

Notre Éducation nationale a l’obsession d’éviter que la société civile participe à l’éducation.

Parce que l’on ne peut être juge et partie, ces puissants édiles réalisent leurs programmes, petits bréviaires singuliers, en ignorant superbement la vie « en vrai ». La dernière circulaire, qui concerne l’éducation sanitaire, en est un savoureux exemple. Au motif respectable qu’il faut éduquer les enfants à la « bonne santé », une charmante dame du ministère de la réforme des collèges, a concocté un truc plein de bons sentiments.

Quand la DGS dépense des dizaines de millions d’euros en flyers pour rappeler que tousser à la figure de ses camarades de bureau n’est pas gentil et que se laver les mains en sortant des toilettes reste la précaution la plus abordable pour éviter le péril fécal, une saine éducation sanitaire a quelque chose de civique. Là où le bât blesse, c’est qu’infirmières libérales, généralistes, dentistes et autres petites gens en charge de s’occuper de notre santé, ne sont en aucune façon impliqués dans ce bel ouvrage. Ils auraient sûrement manqué de pédagogie et potentiellement fait de la publicité pour leurs activités dispendieuses. Mais en dehors de ces péchés mortels, ils auraient pu aussi parler concrètement de la réalité de la santé et pourquoi pas, en ces temps de déserts médicaux, susciter des vocations. Hippocrate aurait sûrement conclu qu’enseigner la santé aux enfants sans les médecins, c’est à y perdre son latin (grec).

Par Olivier Mariotte, président de nile

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