« Seraient-elles trop vieilles ces industries qui produisent des médicaments ? » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social – mai 2016

A consulter dans le numéro de mai 2016, dans la Gazette Santé Social.

Il est assez cocasse de constater que, dès qu’une start-up se présente, l’ensemble de la classe dirigeante, et particulièrement ministérielle, vient se pencher sur ses fonts baptismaux, babiller avec elle au sein d’une plateforme de communication ou « hackathonner » comme si elle chaussait ses premières espadrilles.

Cela pétille de bons sentiments et tout le monde s’extasie sur cette créativité foisonnante qui fait, c’est rappelé partout, la marque indélébile du génie français. En miroir à cette juvénile exultation, on est frappé du singulier ennui qui touche les mêmes encenseurs, quand on vient leur parler des industries de santé, des emplois créés et qu’il convient de soutenir ou de l’indépendance de la France en ce qui concerne sa politique vaccinale (si elle en veut encore… on peut en douter).

Hors du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) et de l’excellent rapport remis au Premier ministre le 11 avril, cet ennui profond rappelle celui qui existait au temps où le charbon et l’acier devenaient pesants dans l’économie (entendons par là qu’ils commençaient à rapporter moins à l’État).

Et quand on parle de ces industries implantées depuis des lustres, c’est souvent même une détestation palpable, une haine étincelante qui éclaire aussitôt le regard du décideur. Quoi ? Seraient-elles trop vieilles ces industries qui produisent des médicaments ? Ou serait-ce plutôt que les jeunettes économiquement court-vêtues ne peuvent pas encore être accusées de tous les maux. Car Monsieur, « on ne peut avoir de conflit d’intérêts avec une start-up, on la conseille, on aide les jeunes pousses ! » …

C’est beau l’altruisme d’État !

Par Olivier Mariotte, président de nile

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