« Il faut sauver le soldat ARS ! » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social – juin 2016

A consulter dans le numéro de juin 2016, dans la Gazette Santé Social.

Alors que la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HSPT) avait fait crier à l’étatisation du système de santé, la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé fait également parler d’elle pour les mêmes défauts. Mais pas pour les mêmes raisons.

D’aucuns reprochaient, en 2009, la brutalité du mécanisme de déconcentration du pouvoir jacobin.

En créant les agences régionales de santé (ARS), les satrapes de l’administration centrale allaient être à l’œuvre au plus près des administrés qui n’avaient plus qu’à bien se tenir. On voyait déjà les tentacules glacées d’un pouvoir aveugle s’immiscer en toutes circonstances dans chaque petit rouage et chaque décision.

C’est d’une autre façon que l’on étatise aujourd’hui à tout va : en créant le concept de « virage ambulatoire », les armes lourdes des groupements hospitaliers de territoire (GHT) sont dégainées sans autre contrôle que le pouvoir central. La charge à la hussarde d’un lobby hospitalier triomphant a eu raison du dernier bastion qui pouvait le contrôler, voire l’animer : l’ARS. Et pour conforter encore le dispositif, un arrêt du Conseil d’État vient de retirer à cette dernière le droit de contester en cas de déficit, si elle n’est pas directement concernée.

Alors même que les grandes régions vont inciter à la délégation, le Jocari jacobin vient de tendre une nouvelle fois ses élastiques. La baballe de la décentralisation reviendra dans la main du pouvoir central au moment même où les entrepreneurs de santé et les usagers de terrain croiront pouvoir la saisir enterrant (définitivement ?) les ARS modernes qui auraient pu animer le système de santé au cœur des territoires.

Par Olivier Mariotte, président de nile

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