« L’UNAASS va vider de sa substantifique moelle l’ensemble du monde associatif » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social – novembre 2016

A consulter dans le numéro de novembre 2016, dans la Gazette Santé Social.

L’État providence, grande Mère plus souvent marâtre que mère aimante, a encore pondu, dans les sibyllins arcanes de sa réflexion, l’un de ses enfantements que les tenants des démocraties populaires ne sauraient renier.

D’ailleurs, il ressemble de plus en plus au « Massolit », ce syndicat des artistes que Boulgakov décrit avec jubilation dans son chef-d’œuvre de subversion, « Le Maître et Marguerite ».

Mais, direz-vous, que viennent faire ces digressions littéraires dans le domaine de la santé ? C’est qu’une ingénieuse idée a germé dans l’esprit de la techno­structure.

Au motif de mettre les associations de malades hors des soucis d’argent (de l’argent privé, car comme chacun sait ici, l’argent public ne peut corrompre) et de leur donner un pouvoir institutionnel, notre ministère de toutes les bonnes intentions a créé l’UNAASS, entendez par-là, l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé.

Cela serait amusant s’il n’y avait pas deux conséquences inquiétantes pour la démocratie sanitaire. La première se comprend aisément quand on voit l’efficacité de la Conférence nationale de santé : l’UNAASS va immobiliser les actions des associations de malades dans un foutraillis de règlements et de saisines.

La seconde est plus inquiétante encore : cette magnifique structure va vider de sa substantifique moelle l’ensemble du monde associatif. Entendez par là, que les meilleurs quitteront les postes harassants d’hommes et de femmes de terrain pour devenir des institutionnels. L’enfer est pavé de bonnes intentions …

Par Olivier Mariotte, président de nile

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