« Paresse coupable » Billet d’humeur paru dans la Gazette Santé Social – février 2017

A consulter dans le numéro de février 2017, dans la Gazette Santé Social.

Personne n’y croyait. Quand nous avions effrontément créé « Santé au 55 Faubourg », c’était dans l’objectif avoué de pallier une carence chronique. En 2002, en 2007 comme en 2012, la santé n’avait pas fait l’objet de programmes et de propositions : « pas clivant », « trop dangereux », « inintéressant pour les citoyens ».

Les think tank s’adonnaient sempiternellement au même exercice : un tissu de dogmatisme, une architecture d’un système hors sol ou un embrouillamini de câlins corporatistes, dans le but d’attraper les bonnes âmes des différentes catégories professionnelles.

Et puis voilà. Malgré tous ces propos lénifiants, près de 75 % des Français souhaitent que la santé soit au cœur de l’élection présidentielle. Ceci montre bien que sous la rhétorique couvent les inquiétudes et que les Français pensent, en fin de compte, que la vieille Sécu ne pourra pas ad vitam aeternam tenir à coup de bouts de ficelle financiers ou de rafistolages pseudo-solidaires.

Il va falloir réfléchir pour que la santé d’aujourd’hui ne soit pas le fardeau des citoyens de demain. Cela prouve aussi que limiter, chaque année, l’avenir de la sécurité sociale à une simple discussion budgétaire est faire preuve de paresse coupable.

La santé mérite mieux, et surtout du courage, même si les solutions, au fil des années, se sont réduites comme peau de chagrin. Oui, il va falloir en parler. Et sans tabou.

Par Olivier Mariotte, président de nile

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *