Valletoux (FHF) et Gharbi (FHP) main dans la main pour opérer la révolution territoriale

Article de Martin Dumas Primbault publié le 21 mars 2019 dans Le Quotidien du médecin

En pleine discussion du projet de loi de santé à l’Assemblée nationale, les principales fédérations hospitalières (FHF, FHP et FEHAP) étaient invitées du Café Nile, mercredi 20 février. L’occasion pour elles de faire connaître leurs priorités pour les prochaines étapes de la transformation du système de santé.

Longtemps adversaires, la Fédération hospitalière de France (FHF) et la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), désormais logées à la même enseigne tarifaire, ont confirmé leur rapprochement. Objectif commun : mieux s’organiser sur le terrain, dans le cadre d’une responsabilité populationnelle.

Davantage qu’un appel à la concertation, c’est une « révolution par les territoires » que réclame Frédéric Valletoux, président de la FHF. Selon lui, pour que la « feuille de route ambitieuse » du plan « Ma santé 2022 » ne se convertisse pas en « rendez-vous raté », il convient de redonner du pouvoir aux acteurs de terrain présents sur les territoires. « Ce n’est pas par la tête que le système est malade, c’est par la base. »

Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), s’est montré lui aussi enthousiaste. Satisfait de la « confiance retrouvée entre les fédérations et les gouvernants », l’Héraultais se dit « très intéressé » par la réorganisation territoriale et la gradation hospitalière que dessine le projet de loi de santé. Il a hâte notamment de voir se déployer les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et les hôpitaux de proximité.

Seule divergence : les restructurations que risque d’engendrer la réforme de la carte hospitalière (et des autorisations d’activités) sont explicitement défendues par le représentant des cliniques privées : « Il faut avoir le courage de fermer certains services », assume-t-il. Et de poursuivre : « Je pense qu’il faut être clair, ou bien on a la capacité d’avoir des médecins, des chirurgiens et des anesthésistes en nombre et en qualification suffisants, ou bien on arrête. S’il n’y a pas de médecin, c’est qu’il n’y a pas d’attractivité et donc pas de qualité. Alors on ferme et on fait autre chose. » 

Politique dirigiste ?

Marie-Sophie Desaulle, membre du conseil d’administration de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP) s’est montrée beaucoup plus sceptique sur la sincérité du gouvernement à déléguer aux territoires l’organisation sanitaire.

L’ex-directrice de l’agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire a pris l’exemple de la réforme du financement du système de santé, dont les grandes lignes ont été tracées par le rapport Aubert. Pour elle, il s’agit là d’un avatar d’une politique trop dirigiste et sans concertation suffisante avec les acteurs de terrain. « On ne peut pas avoir un modèle descendant du ministère », affirme-t-elle. De fait, le secteur privé à but non lucratif est le grand perdant de la dernière campagne tarifaire. 

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