Archives de la catégorie: Café nile

Dr Jean-Paul Ortiz (CSMF) : « Un bon DG d’ARS, c’est un jardinier qui arrose et fait germer les projets »

Article de Cyrille Dupuis publié le 31 janvier 2019 dans le Quotidien du médecin

Le monde de la santé « va très mal » mais « la période est intéressante ». Invité du café nile à débattre des réformes en cours, le président de la CSMF a affiché sa volonté de prendre toute sa part à la transformation programmée du système de santé, sous réserve qu’on écoute et qu’on laisse « enfin » la main aux professionnels. « Les acteurs souffrent, l’hôpital va mal, la médecine libérale va mal depuis des années et surtout les Français ne sont pas contents, cela ne peut plus durer », a diagnostiqué le leader de la Confédération qui s’inscrit dans une dynamique « constructive ».

Dans cette période charnière où la médecine libérale est bousculée (fin de l’exercice en solo décrétée par Emmanuel Macron, réforme des modes de financement préconisée par le rapport Aubert), le néphrologue de Cabestany (Pyrénées-Orientales), prompt à dénoncer l’influence délétère des « technos » et des « énarques », réclame des gages de concertation.

À cet égard, le choix des ordonnances pour réformer plusieurs pans entiers du système de santé (hôpitaux de proximité, recertification, statut des praticiens, etc.) « nous inquiète beaucoup »« Si on veut réformer sans les médecins libéraux, ce sera l’échec assuré. Souvenez-vous de Marisol Touraine… », a-t-il résumé.

Ceux qui régentent

Pour l’instant, le Dr Ortiz veut croire à la « qualité d’écoute » d’Agnès Buzyn mais il se méfie beaucoup de ses bras armés, les agences régionales de santé (ARS), pour opérer la réforme territoriale des soins de premiers recours. « Un bon DG d’ARS, c’est un jardinier qui arrose, met de l’engrais et fait germer les différents projets sur le terrain, a-t-il suggéré. On n’a surtout pas besoin de construire des jardins à la française, ni de mettre du Roundup ! »

Or, à l’écouter, si certains directeurs d’ARS ont compris ce message de confiance aux libéraux, « d’autres veulent tout régenter ». Attention à ne pas décourager la profession par une boulimie normative : par exemple, le patron de la CSMF assume le principe d’une « mission territoriale populationnelle collective » de la médecine libérale, y compris pour la gestion des soins non programmés, mais récuse les « cahiers des charges de 50 pages pour encadrer les CPTS [communautés professionnelles territoriales de santé] ». « La tentation bureaucratique, elle est toujours là », met-il en garde.

Faut-il aller plus loin dans la contractualisation locale entre la profession et les tutelles pour répondre aux besoins du terrain ? Totalement hostile à la mise en place de conventions médicales « régionales », le président de la CSMF se dit ouvert à des contrats collectifs territoriaux avec les ARS, via le fonds d’intervention régional (FIR),  permettant par exemple de prendre en coût de la pratique (comme l’immobilier à Paris).

Réforme de l’hôpital : si on conserve les CHU, « c’est foutu », clame le Pr Guy Vallancien

Article de Martin Dumas Primbault publié le 13 septembre 2018 par le Quotidien du Médecin

Fidèle à sa gouaille et sans langue de bois, le Pr Guy Vallancien a livré sa vision radicale du système hospitalier à l’occasion d’un débat organisé par le Café nile. À quelques jours des annonces sur la stratégie de transformation du système de santé, l’urologue de l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), touche-à-tout de 72 ans, se dit « très inquiet » et craint que le gouvernement remette « une copie un peu molle ».

« Si j’entends encore parler de centre hospitalo-universitaire, c’est foutu ! », résume-t-il. Alors qu’on s’apprête à fêter leurs 60 ans, le Pr Vallancien rêve de voir disparaître les CHU en l’état. « Car dans CHU il y a deux mots qui n’ont plus aucun sens aujourd’hui. » Il récuse le terme de « centre », qui empêche selon lui d’imaginer toute forme de décentralisation et celui d’« hôpital », à l’heure du développement de l’ambulatoire et de la disparition des lits.

Quitter la blouse pour la cravate

En échange, il propose la création d’une nouvelle entité : les « GMU », pour « groupes médico-universitaires ». L’objectif ? Faire passer les acteurs de santé d’une logique de « concentration » à une logique de « diffusion » en élargissant le périmètre du groupement aux maisons de santé et aux établissements privés.

Et pour conserver le « U », il suggère « l’universitarisation de toutes les structures qui appartiendront au GMU », y compris les cliniques privées et en ouvrant les portes aux industriels dans le financement de la recherche. C’est de cette manière seulement que l’on pourra briser l’hospitalocentrisme décrié par le Pr Guy Vallancien.

Mais tout cela doit s’accompagner d’une clarification de la gouvernance. Exit le président de commission médicale d’établissement (CME), perçu par l’urologue comme « un vice-président élu par ses pairs mais qui se retrouve souvent opposé à eux ». Guy Vallancien n’est pas contre un vrai pouvoir médical à condition que « son directeur quitte la blouse pour la cravate »Exit aussi la direction hospitalière unique jugée responsable de blocages administratifs. « Aujourd’hui, une seule personne s’occupe de trois domaines, l’universitaire, le clinique et la recherche, ce n’est plus possible, il faut scinder ! »

La moitié du budget de la Sécu aux régions

Côté organisation, le chirurgien réclame davantage d’autonomie aux établissements. Son mot d’ordre : « foutons la paix aux hôpitaux ! ». Il imagine une décentralisation qui permettrait aux acteurs de s’organiser dans les territoires et souhaite même « donner la moitié du budget de la Sécu aux régions ». Ce n’est qu’ensuite que viendrait le temps de l’évaluation : qualité et pertinence des soins seront mesurées grâce aux bases de données et à des questionnaires adressés aux patients. Sur quelques indicateurs bien définis, les médecins pourront se comparer entre eux et améliorer leur pratique. « Les professionnels sont demandeurs de ce type d’évaluation », affirme le Pr Vallancien.

Le chirurgien plaide ouvertement en faveur de la délégation de tâches. « Si je regarde ma pratique, 50 % des actes sont transférables, et je parle bien de transfert et non de délégation, c’est-à-dire responsabilité incluse », a-t-il déclaré avant d’ajouter non sans provocation :  « Je ne vois pas pourquoi il faut douze ans d’études pour opérer une hydrocèle ou un phimosis. »

Faut-il supprimer les CHU ?

Retrouvez ici la page d’origine de cet article de Vincent Olivier.

Ce qui est bien avec Guy Vallancien, c’est qu’il suffit de lui donner un micro pour entendre des propos originaux, voire iconoclastes. Pour qui ne le connaitrait pas, je rappelle quelques-unes de ses multiples casquettes : urologue de formation, ancien directeur de l’Institut mutualiste de Montsouris, créateur de CHAM, le « Davos de la santé français », auteur de nombreux ouvrages et j’en passe. Et son intervention ce matin, dans le cadre du Café Nile organisé tous les mois par Olivier Mariotte, n’a pas échappé à la règle…

Des exemples ? « Dans l’acronyme CHU (pour Centre Hospitalier Universitaire), il y a deux lettres en trop ! Le « centre » doit devenir un groupe et intégrer les établissements privés, et l’«hospitalo » doit devenir « médico » puisque le futur de la médecine, ce sera l’ambulatoire. Parce que les mots ont un sens, si on ne change pas les mots, on ne changera pas les mentalités. Et donc, si Mme Buzyn parle encore la semaine prochaine de CHU au lieu de GMU, cela voudra dire qu’elle a renoncé à toute réforme de fond. »

Mais Guy Vallancien ne s’arrête pas en si bon chemin. Le PH (praticien hospitalier) ? « Ce ne peut pas être un poste à vie – tout au plus un contrat sur 4 ou 5 ans, contrat qui lui laissera la possibilité de faire le choix parmi les trois missions qui lui incombent aujourd’hui (la recherche, l’enseignement ou la clinique) de deux missions seulement et pas plus. » La gouvernance à l’hôpital ? « On ne peut plus rester avec un directeur général et un président de CME (Commission médicale d’établissement) qui soit son adjoint. Celui-ci doit avoir le titre de directeur médical et ne pas appartenir à la CME. Pour éviter tout conflit d’intérêt, il devra donc quitter la blouse et mettre la cravate » ajoute Guy Vallancien, avec son sens inné des formules.

Quant au financement des établissements de santé, Guy Vallancien estime que les dés sont pipés du fait même de l’intervention systématique de l’Etat, qui fausse le jeu « en se conduisant comme s’il était à la fois l’arbitre et un joueur d’une partie de football ». il propose donc de confier le financement des hôpitaux aux régions, en tout cas « à hauteur de 50% du budget de la Sécu, et que la Région soit jugée non pas sur l’affectation de ces recettes mais sur les résultats en matière de qualité et de pertinence des actes effectués ».

Reste la délicate question des études médicales, en pleine actualité avec la sortie sur les écrans de « Première année » aujourd’hui, et le grand plan Santé que doit annoncer Emmanuel Macron le 18 septembre prochain. Sur ce sujet aussi, Guy Vallancien a quelques idées originales. Dont celle d’instaurer un cycle commun de trois ans pour tous les futurs professionnels de santé (infirmier, cadre de santé etc.), à quoi s’ajouterait une sur-spécialisation type master 1 ou 2 pour les médecins. Autre proposition, inspirée du constat que « la moitié d’une activité de chirurgien est transférable » :  créer une formation courte qui débouche sur un métier nouveau, celui de « technicien opératoire », étant entendu qu’à ses yeux « il n’y a pas besoin de faire douze ans d’études pour faire un phimosis ! »

Certains chirurgiens vont sans doute s’étrangler en lisant ces lignes. D’autres récuseront l’idée qu’il se fait d’un médecin, à savoir un professionnel qui doit être « une personne rare, donc chère, faite pour soigner et pas pour s’occuper de prévention car les infirmières font déjà ça très bien ». Mais Guy Vallancien a en tout cas le mérite de bousculer quelques idées reçues.  Et la plupart de ses confrères le rejoindront sans doute sur un point : sa dénonciation des études de médecine « fondées sur les maths, avec la règle que 1 +1 = 2, quand dans la vraie vie le résultat peut être 1,8 ou 2,1. Car la médecine, c’est avant tout de l’humain ».

Innovations expérimentales : un « chiffon rouge » si l’on ne sait pas les évaluer (Frédéric Valletoux)

PARIS, 20 juin 2018 (APMnews) – L’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2018 sur les innovations organisationnelles et tarifaires ne sera qu’un « chiffon rouge » sur la tête des acteurs si l’on ne sait pas évaluer la qualité des expérimentations, a averti mercredi Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), invité d’un « Café Nile ».

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« Il faut saisir l’opportunité des GHT » pour « une plus forte cohésion » dans les hôpitaux (Laurent Chambaud, EHESP)

PARIS, 16 mai 2018 (APMnews) – La mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) est l’occasion de mieux former les directeurs d’établissement, cadres de santé et médecins à travailler ensemble et d’améliorer la cohésion entre les différents acteurs , a estimé mercredi Laurent Chambaud, directeur de l’école des hautes études en santé publique (EHESP).

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Reste à charge zéro : le président de la Mutualité confiant

PARIS, 4 avril 2018 (APMnews) – La concertation en cours sur le reste à charge zéro va aboutir à la définition d’un panier de soins entièrement remboursé mais les complémentaires pourront continuer à aller au-delà, a expliqué Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, lors d’une rencontre organisée par le cabinet de conseil nile.

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Nouveaux anticancéreux : après l’AMM, il faut des études en vie réelle pour continuer à préciser la place des médicaments (Muriel Dahan, INCa)

PARIS, 29 mars 2018 (APMnews) – Les nouveaux anticancéreux devraient faire l’objet, après l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), d’études en vie réelle dont le but serait de préciser l’intérêt de ces produits et leur place par rapport aux autres options dans la prise en charge des patients, a estimé Muriel Dahan, directrice des recommandations et du médicament à l’Institut national du cancer (INCa), mercredi lors d’un café nile.

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La T2A « ne doit pas service de méthode de pilotage de politiques publiques qu’on n’arrive pas à assumer » (Olivier Véran)

PARIS, 24 janvier 2018 (APMnews) – Olivier Véran, député LREM, a déploré mercredi que les effets de la tarification à l’activité (T2A) soient parfois mis en avant pour justifier la fermeture de services qui auraient pu être fermés plus tôt s’ils « ne font peut-être plus sens en termes de besoins de santé ».

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Télémédecine : les négociations conventionnelles pourraient s’ouvrir dès décembre

PARIS, 25 octobre 2017 (APMnews) – Les négociations conventionnelles entre l’assurance maladie et les syndicats de médecins sur la télémédecine pourraient s’ouvrir dès le mois de décembre et s’étendre par la suite à d’autres professions de santé, a annoncé mercredi le directeur général de l’assurance maladie, Nicolas Revel.

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L’assurance maladie s’enthousiasme pour le nouveau cadre des expérimentations

PARIS, 25 octobre 2017 (APMnews) – Le directeur général de l’assurance maladie, Nicolas Revel, a dit mercredi « fonder beaucoup d’espoirs » sur le renouveau du cadre des expérimentations prévu par l’article 35 du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

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