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Réforme de l’hôpital : si on conserve les CHU, « c’est foutu », clame le Pr Guy Vallancien

Article de Martin Dumas Primbault publié le 13 septembre 2018 par le Quotidien du Médecin

Fidèle à sa gouaille et sans langue de bois, le Pr Guy Vallancien a livré sa vision radicale du système hospitalier à l’occasion d’un débat organisé par le Café nile. À quelques jours des annonces sur la stratégie de transformation du système de santé, l’urologue de l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), touche-à-tout de 72 ans, se dit « très inquiet » et craint que le gouvernement remette « une copie un peu molle ».

« Si j’entends encore parler de centre hospitalo-universitaire, c’est foutu ! », résume-t-il. Alors qu’on s’apprête à fêter leurs 60 ans, le Pr Vallancien rêve de voir disparaître les CHU en l’état. « Car dans CHU il y a deux mots qui n’ont plus aucun sens aujourd’hui. » Il récuse le terme de « centre », qui empêche selon lui d’imaginer toute forme de décentralisation et celui d’« hôpital », à l’heure du développement de l’ambulatoire et de la disparition des lits.

Quitter la blouse pour la cravate

En échange, il propose la création d’une nouvelle entité : les « GMU », pour « groupes médico-universitaires ». L’objectif ? Faire passer les acteurs de santé d’une logique de « concentration » à une logique de « diffusion » en élargissant le périmètre du groupement aux maisons de santé et aux établissements privés.

Et pour conserver le « U », il suggère « l’universitarisation de toutes les structures qui appartiendront au GMU », y compris les cliniques privées et en ouvrant les portes aux industriels dans le financement de la recherche. C’est de cette manière seulement que l’on pourra briser l’hospitalocentrisme décrié par le Pr Guy Vallancien.

Mais tout cela doit s’accompagner d’une clarification de la gouvernance. Exit le président de commission médicale d’établissement (CME), perçu par l’urologue comme « un vice-président élu par ses pairs mais qui se retrouve souvent opposé à eux ». Guy Vallancien n’est pas contre un vrai pouvoir médical à condition que « son directeur quitte la blouse pour la cravate »Exit aussi la direction hospitalière unique jugée responsable de blocages administratifs. « Aujourd’hui, une seule personne s’occupe de trois domaines, l’universitaire, le clinique et la recherche, ce n’est plus possible, il faut scinder ! »

La moitié du budget de la Sécu aux régions

Côté organisation, le chirurgien réclame davantage d’autonomie aux établissements. Son mot d’ordre : « foutons la paix aux hôpitaux ! ». Il imagine une décentralisation qui permettrait aux acteurs de s’organiser dans les territoires et souhaite même « donner la moitié du budget de la Sécu aux régions ». Ce n’est qu’ensuite que viendrait le temps de l’évaluation : qualité et pertinence des soins seront mesurées grâce aux bases de données et à des questionnaires adressés aux patients. Sur quelques indicateurs bien définis, les médecins pourront se comparer entre eux et améliorer leur pratique. « Les professionnels sont demandeurs de ce type d’évaluation », affirme le Pr Vallancien.

Le chirurgien plaide ouvertement en faveur de la délégation de tâches. « Si je regarde ma pratique, 50 % des actes sont transférables, et je parle bien de transfert et non de délégation, c’est-à-dire responsabilité incluse », a-t-il déclaré avant d’ajouter non sans provocation :  « Je ne vois pas pourquoi il faut douze ans d’études pour opérer une hydrocèle ou un phimosis. »

Faut-il supprimer les CHU ?

Retrouvez ici la page d’origine de cet article de Vincent Olivier.

Ce qui est bien avec Guy Vallancien, c’est qu’il suffit de lui donner un micro pour entendre des propos originaux, voire iconoclastes. Pour qui ne le connaitrait pas, je rappelle quelques-unes de ses multiples casquettes : urologue de formation, ancien directeur de l’Institut mutualiste de Montsouris, créateur de CHAM, le « Davos de la santé français », auteur de nombreux ouvrages et j’en passe. Et son intervention ce matin, dans le cadre du Café Nile organisé tous les mois par Olivier Mariotte, n’a pas échappé à la règle…

Des exemples ? « Dans l’acronyme CHU (pour Centre Hospitalier Universitaire), il y a deux lettres en trop ! Le « centre » doit devenir un groupe et intégrer les établissements privés, et l’«hospitalo » doit devenir « médico » puisque le futur de la médecine, ce sera l’ambulatoire. Parce que les mots ont un sens, si on ne change pas les mots, on ne changera pas les mentalités. Et donc, si Mme Buzyn parle encore la semaine prochaine de CHU au lieu de GMU, cela voudra dire qu’elle a renoncé à toute réforme de fond. »

Mais Guy Vallancien ne s’arrête pas en si bon chemin. Le PH (praticien hospitalier) ? « Ce ne peut pas être un poste à vie – tout au plus un contrat sur 4 ou 5 ans, contrat qui lui laissera la possibilité de faire le choix parmi les trois missions qui lui incombent aujourd’hui (la recherche, l’enseignement ou la clinique) de deux missions seulement et pas plus. » La gouvernance à l’hôpital ? « On ne peut plus rester avec un directeur général et un président de CME (Commission médicale d’établissement) qui soit son adjoint. Celui-ci doit avoir le titre de directeur médical et ne pas appartenir à la CME. Pour éviter tout conflit d’intérêt, il devra donc quitter la blouse et mettre la cravate » ajoute Guy Vallancien, avec son sens inné des formules.

Quant au financement des établissements de santé, Guy Vallancien estime que les dés sont pipés du fait même de l’intervention systématique de l’Etat, qui fausse le jeu « en se conduisant comme s’il était à la fois l’arbitre et un joueur d’une partie de football ». il propose donc de confier le financement des hôpitaux aux régions, en tout cas « à hauteur de 50% du budget de la Sécu, et que la Région soit jugée non pas sur l’affectation de ces recettes mais sur les résultats en matière de qualité et de pertinence des actes effectués ».

Reste la délicate question des études médicales, en pleine actualité avec la sortie sur les écrans de « Première année » aujourd’hui, et le grand plan Santé que doit annoncer Emmanuel Macron le 18 septembre prochain. Sur ce sujet aussi, Guy Vallancien a quelques idées originales. Dont celle d’instaurer un cycle commun de trois ans pour tous les futurs professionnels de santé (infirmier, cadre de santé etc.), à quoi s’ajouterait une sur-spécialisation type master 1 ou 2 pour les médecins. Autre proposition, inspirée du constat que « la moitié d’une activité de chirurgien est transférable » :  créer une formation courte qui débouche sur un métier nouveau, celui de « technicien opératoire », étant entendu qu’à ses yeux « il n’y a pas besoin de faire douze ans d’études pour faire un phimosis ! »

Certains chirurgiens vont sans doute s’étrangler en lisant ces lignes. D’autres récuseront l’idée qu’il se fait d’un médecin, à savoir un professionnel qui doit être « une personne rare, donc chère, faite pour soigner et pas pour s’occuper de prévention car les infirmières font déjà ça très bien ». Mais Guy Vallancien a en tout cas le mérite de bousculer quelques idées reçues.  Et la plupart de ses confrères le rejoindront sans doute sur un point : sa dénonciation des études de médecine « fondées sur les maths, avec la règle que 1 +1 = 2, quand dans la vraie vie le résultat peut être 1,8 ou 2,1. Car la médecine, c’est avant tout de l’humain ».

Café nile avec Agnès Verdier-Molinié : interview vidéo et article du Quotidien de Médecin

« Sécu, hôpital : les recettes ultralibérales d’Agnès Verdier-Molinié » Tous droits réservés au Quotidien du Médecin

Invitée mercredi du Café Nile à Paris, Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP (Fondation pour la recherche sur l’administration et les politiques publiques), un think tank libéral, a plaidé pour la fin du monopole de l’assurance-maladie obligatoire en France afin de rationaliser les dépenses de santé et de rendre le système plus efficient. « Il faut revoir tout le mode de gestion de notre système de santé », résume l’économiste.
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Café nile avec Jean de Kervasdoué : Podcast, interview vidéo et article du Quotidien de Médecin

« L’économiste Jean de Kervasdoué veut 1 000 cliniques et hôpitaux de moins en dix ans » Tous droits réservés au Quotidien du Médecin

L’économiste de la santé Jean de Kervasdoué a défendu mercredi, lors d’une conférence organisée par le cabinet nile, une politique de restructuration drastique de l’offre hospitalière publique et privée.

Connu pour ses positions tranchées – notamment sur la valorisation de l’accueil de patients étrangers à l’hôpital –, Jean de Kervasdoué juge que la suppression « en 10 à 15 ans » d’un millier d’établissements publics et privés dégagerait des économies substantielles, à l’heure ou le gouvernement serre la vis sur les dépenses de santé avec un ONDAM à 1,75 %.
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« « Le PLFSS 2016, c’est l’encéphalogramme plat ! », selon Jean-Pierre Door (Les Républicains) » par le Quotidien de Médecin

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Alors que les députés viennent d’entamer l’examen en séance du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2016), le député (LR) du Loiret Jean-Pierre Door a dit tout le mal qu’il pensait de ce budget, lors d’un débat organisé ce mercredi par nile, à Paris (Retrouvez l’ensemble des échanges en Podcast en cliquant ICI).

« Ce PLFSS ne me réjouit pas, c’est un projet terne, sans aucune ambition, qui ne répond pas aux défis essentiels. C’est même l’encéphalogramme plat », a jeté le cardiologue visiblement peu convaincu par la portée réformatrice de ce budget de la Sécu.

Estimant que le projet de loi « cache la dette sociale sous le tapis » et n’engage pas assez vite la réforme structurelle du système hospitalier, le député Loiret a invité le gouvernement à « écouter ce que dit la Cour des comptes » en matière de réformes de structure. « Il faut revoir la carte hospitalière, les services indispensables, les services passifs, ce qui peut être mutualisé… », a-t-il ajouté.
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« Coût et prise en charge des médicaments innovants : les vérités du Pr Harousseau (HAS) » par le Quotidien de Médecin

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Invité ce mercredi des rencontres du Café Nile (Paris), le Pr Jean-Luc Harousseau, président de la Haute Autorité de santé (HAS), qui a décidé de démissionner pour des raisons personnelles, a livré son point de vue sur divers sujets d’actualité, la langue déliée par la fin de son mandat. (Retrouvez l’ensemble des échanges en Podcast en cliquant ICI)

Le Pr Harousseau s’adresse un satisfecit pour son action à la tête de la HAS, soulignant qu’en France, « aucun médicament vraiment innovant n’était absent du marché ». D’autres pays font des choix plus radicaux en matière de remboursement des traitements onéreux. En septembre, au Royaume-Uni, le NHS a refusé 17 molécules (pour des traitements anticancéreux) tandis qu’aux États-Unis, lire la suite »

Podcast et Interviews vidéo du Café nile avec Jean-Luc Harousseau

L’évaluation des produits de santé est au centre de nombreux débats. Ceux-ci sont alimentés par divers faits convergents dont on peut rappeler ici quelques symptômes :

  • arrivée de nouveaux traitements innovants sur le marché à des conditions économiques difficilement accessibles pour la solidarité nationale
  • préconisations du rapport de Dominique Polton, Conseillère auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, dont les premières pistes de réflexion présentées en juillet dernier, préconisaient un déremboursement des médicaments jusqu’alors pris en charge à 15%
  • mise en place du forfait innovation dont on pourrait imaginer une extension au domaine du médicament

Dans ce contexte, il est crucial et urgent de rendre lisible la doctrine qui permettra, non seulement d’évaluer ou de réévaluer les produits de santé classiques (médicaments et DM) mais aussi lire la suite »

Podcast et Interviews vidéo du Café nile avec Daniel Lenoir

Les annonces faites dernièrement par Daniel Lenoir concernant la lutte contre la fraude aux allocations familiales et autres prestations sociales sont cohérentes avec celles réalisées par l’assurance maladie ces dernières semaines. Il semble que dans notre pays, champion européen de la protection sociale, le discours (et les pratiques) souvent négligentes sur ces utilisations frauduleuses de l’argent collectifs ne soient plus vraiment de mise. Au titre d’une vision souvent naïvement rousseauiste, il a été souvent considéré comme « naturel » d’avoir une part grise dans l’utilisation qui était faite par certains de la solidarité nationale.

Au moment où ce socle de solidarité fait débat (et nous vous invitons à nous retrouver les 10 et 11 septembre prochains aux Etats Généraux de la Santé en Régions autour du thème « Quelles Valeur(s) pour le socle de solidarité ? »), il nous a semblé important de partager avec le Directeur Général de la Caisse Nationale des Allocations Familiales ses réflexions et actions sur ce sujet.

Daniel Lenoir, Directeur Général de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, nous a fait le plaisir et l’honneur de venir débattre avec nous, le 24 juin dernier pour un café nile sur le thème :

« Solidarité : de l’utilisation équitable de l’argent collectif »

Vous pouvez dès à présent (ré)écouter ces échanges ci-dessous :
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Nous en avons profité pour lui poser quelques questions, retrouvez ci-dessous ses réponses en vidéo :

Café nile avec Lionel Collet : Podcast et Interviews vidéo

Dans l’univers industriel, les messages positifs venant du Gouvernement sont autant de signaux forts (et rares) qu’il convient d’apprécier.
La nomination de Lionel Collet comme coordinateur des travaux du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) en est un. Conseiller d’Etat et médecin (une particularité qu’il partage avec Jean-François Girard, ancien Directeur Général de la Santé), il fait partie des hommes qui peuvent, en dépassant les clivages traditionnels, apporter un regard nouveau et impulser (pourvu que l’on lui en donne les moyens) des inflexions novatrices.
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Quelques questions à Claude Huriet lors du café nile, le 24 Avril 2013

Le 24 Avril dernier, nous recevions Claude Huriet, sénateur honoraire et Président de l’Institut Curie, pour un café nile portant sur le thème : « Le médicament et le risque médical : la France joue-t-elle à qui perd gagne ? »

Nous en avons profité pour lui poser quelques questions dont vous trouverez les réponses dans la vidéo ci-dessous :